|
En
participant à ce stage, on apprend à écrire des haïku de
qualité littéraire et qui répondent aux canons japonais du
genre. Mon Petit manuel pour écrire des haïku
est un gradus (manuel pratique de poésie). Mon stage en est le
« service après-vente ». J’y vise cinq objectifs
fondamentaux.
Le
tout premier est d’essayer
de convaincre les participants que la poésie est une
insurrection contre le langage, une transgression de tous les
codes appris à l'école. Malgré les apparences, le haïku,
poème réputé simple, n'échappe pas à ce destin.
Mon
second objectif est de familiariser les stagiaires avec les
procédés poétiques
qui peuvent s’appliquer au haïku, les encourager et les aider
à les appliquer : répétitions, variations dans la
répétition, effets sonores, métaphore, métonymie, hypallage,
etc.
Dans
l’œuvre poétique, le choix du sujet et l’émotion
appartiennent au poète. Mais ce sont ces procédés qui vont
lui permettre de communiquer cette émotion et de toucher son
lecteur au cœur. Et ils sont universels. Les maîtres japonais
du haïku utilisent rigoureusement les mêmes procédés
littéraires que les poètes occidentaux. Et ce sont leur utilisation plus
ou moins naturelle, leur nombre et leur diversité chez le poète
qui fondent et signent son talent.
Dans
mon Petit manuel pour écrire des haïku, j’ai
repéré, commenté et illustré d’exemples tous
les procédés littéraires – rhétoriques et stylistiques –
utilisés par les haïkistes japonais. Il en existe environ cent
cinquante. Et du fait qu’il est le seul ouvrage de son
espèce, le Petit manuel est utilisé durant le stage.
Troisième
objectif : aider chacun à
appliquer une méthode de production elle aussi universelle. Au
XVII-e siècle, Bashô, le père du haïku, l’a
utilisée avec ses compagnons de plume. Chez nous, un siècle
plus tard, André Chénier l’a recommandée. J’en possède
les outils. Avec un minimum de talent, je n’hésite pas à
dire qu’ils sont miraculeux.
Mon
quatrième objectif est d’encourager
les stagiaires à
« faire de l’humour », puisque le haïkaï
– d’où dérive le haïku – est littéralement une
« drôlerie », une « plaisanterie ».
Comment provoquer le sourire chez le lecteur devrait être l’une
des principales préoccupations de tous les participants à ce
stage.
Mon
cinquième objectif est d’aider chaque stagiaire à poser les
bases d’un recueil individuel. Ce stage peut aussi donner lieu
à l'élaboration d’un recueil collectif.
Le niveau de langage du haïku est très simple,
sans prétention. Mais le pratiquer est un exercice littéraire
rigoureux qui peut être profitable à tout autre genre. Il peut
surtout constituer un premier pas vers toute autre forme de poésie.
Du fait de sa brièveté et de sa simplicité, du fait
aussi que ses techniques poétiques sont universelles, commencer à
les pratiquer en participant à mon stage me paraît la manière
la plus facile d'aborder la poésie tout court, également la
façon la plus judicieuse d'améliorer son style si l’on
pratique déjà la poésie franco-française...
|