| Cette
page contient une sélection de vingt-deux haïku d'automne traduits
du japonais. Du fait qu'ils sont des traductions, la plupart ne
respectent pas la métrique 5-7-5.
Soir d'automne
–
un corbeau passe
sans un cri
Kishû
(trad. Roger Munier)
Dussent
blanchir mes os
jusques en mon cœur le
vent
pénètre mon corps
Matsuo
Bashô
(René Sieffert)
Dans
ma main fondra
car chaudes sont mes larmes
le givre d'automne
Matsuo Bashô (Sieffert)
Au
pont suspendu
la vie tient à un sarment
de vigne vierge
Matsuo Bashô (Sieffert)
Trentième
nuit sans lune
cryptomères de mille ans
qu'empoigne l'ouragan
Matsuo Bashô (Sieffert)
Neige lui
sied
mais brume pourprée tout autant
au Mont Tsukuba
Matsuo Bashô (Sieffert)
Voilée la
lune
sur l'auvent de la chapelle
gouttes de pluie
Matsuo Bashô (Sieffert)
Fretin !
J'ai secoué mon filet
Il n'y avait que la lune
Ootô
(Maurice Coyaud)
Sur les
pierres
Sur la poussière
Pluie d'automne
Kyoshi (Coyaud)
Même devant
l'Empereur
Son galure, il ne l'ôte pas
L'épouvantail
Shirao (Coyaud)
Holà !
batelier
Interdiction d'uriner
sur les vagues de la lune
Kobayashi
Issa
(Jean Cholley)
Je pisse
sur les feuilles mortes
Bruissement
Hôsha (Coyaud)
Cassé le
loquet
des latrines
Bruits de mouches
Masaoka Shiki (Coyaud)
Ne la tue pas
la mouche
Elle fait des pieds et des mains
Kobayashi
Issa (Coyaud)
Montagnes
d'automne –
ici et là
des fumées s'élèvent
Gyôdaï
(Munier)
Après avoir
contemplé la lune
mon ombre avec moi
revint à la maison
Sodô (Munier)
Pelant
une poire –
de tendres gouttes
glissent le long du couteau
Masaoka
Shiki
(Munier)
Même devant
l'épouvantail
dans mon grand âge
j'ai honte de moi
Kobayashi
Issa (Munier)
Oie sauvage
oie sauvage
à ton premier voyage
quel âge avais-tu ?
Kobayashi
Issa (Munier)
Après les
chrysanthèmes
hors le navet long
il n'y a rien
Matsuo Bashô (Munier)
Sur le
cercueil
jeter un chrysanthème
Tout ce que j'ai pu faire
Natsume Sôseki (Coyaud)
Éclairs
On lance un filet
Mer d'Ise
Yosa Buson (Coyaud)
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