| Un haïku
c’est pas zen, c’est pas mystique, c’est pile le contraire : ça
cherche surtout à faire rire ou sourire.
Le véritable esprit du haïku c’est l’humour, souvent la
moquerie, l’effronterie, l’espièglerie.
En japonais, haïkaï, le nom du genre poétique à
l'origine du mot haïku, signifie littéralement " drôlerie ",
" plaisanterie ". Bashô parlait de kokkei,
c’est-à-dire de " cocasse ".
Extrait du Livre blanc de Tôhô, un
disciple de Bashô : " [...] un esprit badin [fait] un bon
poème ; [...] l’absence de badinage [fait] un mauvais poème. "
Drôlerie, plaisanterie, cocasserie, badinage chez
les auteurs japonais du XVII-e au XX-e
siècle :
A un piment
ajoutez des ailes :
une libellule rouge !
Matsuo Bashô (trad. ?)
Le vent du printemps
Découvre les fesses
Du couvreur
Kobayashi Issa (trad. M. Coyaud)
Une fleur tombée
remonte à sa branche !
Non ! c'était un papillon
Arakida Moritake (trad. R. Munier)
Les humains passe encore
mais pas même les épouvantails
ne sont droits
Kobayashi Issa (trad. R. Munier)
Sot le 31 décembre
Tout aussi sot
Le Jour de l'An
Masaoka Shiki (trad. M. Coyaud)
Parti voir la Lune
Sôseki a oublié
Sa femme
Natsume Sôseki (trad. M. Coyaud)
Martin-pêcheur regarde
Comme je suis beau dit le poisson
Qui plonge aussitôt
Masaoka Shiki (trad. M. Coyaud)
Matinée d'octobre
Echange une femme de quarante
contre deux de vingt
Shigeyuki Kon (en français,
cité par M. Coyaud)
La face de la lune ?
douze ans d’âge environ
dirais-je
Kobayashi Issa
(trad. R. Munier)
La femme étant sagace
impossible de lui vendre les feuilles d’automne
Anonyme XVIII-ième
s. (trad. J. Cholley )
On note que, la
plupart du temps, la métrique 5-7-5 n'est pas respectée. C'est
normal puisqu'il s'agit de traductions.
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